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« Montée des Eaux » de Bernard Abtey

En matière d’art, dans l’échelle des valeurs, l’œuvre vient en tête. L’essentiel tient dans la relation qui va se lier entre l’œuvre et celui qui la détient, c’est-à-dire pour moi, celui qui la regarde. Je dis souvent à ceux qui, contemplant une œuvre, se disent déçus de ne pas avoir les moyens de l’acheter : « ne vous lamentez pas, car tant que vous regardez cette œuvre, elle est à vous ». Avec surprise ils en conviennent, et en éprouvent une certaine satisfaction.
L’œuvre est une entité autonome, habitée par l’esprit de son créateur, chargée des émotions de tous ceux qui l’ont admiré, elle vit sa vie, elle a son histoire, elle traverse le temps.
La relation à l’œuvre peut être considérablement affectée par ce que l’on sait de son créateur. Le public aura un regard différent pour un tableau réalisé par un peintre célèbre, et certains ne seront fascinés que par la signature. La vérité de la relation exigerait qu’au moins dans un premier temps, l’œuvre soit présentée anonymement.
Hier en fin de journée, dans son atelier de CONTIS, Bernard nous a présenté sa nouvelle série d’œuvres, dénommée « Montée des Eaux », inspirée d’un printemps particulièrement pluvieux. Aurais-je eu le même ressenti si je n’appréciais pas autant cet homme ?
Dans les années 70, courant déjà inlassablement après le temps, je parcourais les allées de la FIAC d’un pas véloce en regardant les tableaux comme un exercice de lecture rapide, et je ne m’arrêtais que lorsque les poils de mon avant-bras se dressaient. Ce sont eux et eux seuls, qui déclenchaient l’achat, je n’aurai jamais voulu d’autre juge.
Observateur de l’art contemporain depuis plus de 50 ans, je constate qu’il est immensément riche de talents extraordinaires inconnus, et par voie de conséquence non-sollicités et perdus, ce qui est beaucoup plus grave. Je m’emplois modestement à en faire découvrir certains, et à en faire profiter le plus large public.

Si beaucoup d’artistes ne changent jamais ni de support ni de technique, certains sont d’authentiques chercheurs. Bernard en fait partie, créateur insatiable payant au doute son tribut, qui après s’être longuement confronté à la pierre, au marbre, au granit, au bois, au polyester, aborde aujourd’hui le zinc.
Le zinc, métal inaltérable à l’air, insoluble dans l’eau, peu utilisé dans l’art mais performant en couverture de toiture, était tout désigné pour une histoire d’eau.

Ayant entrepris de sculpter la matière au sein de la matière, Bernard est devenu alchimiste. Il n’avait d’autre choix. Naturellement, la série d’œuvres qui en résulte est ésotérique, mystérieuse.
L’étrangeté tient à l’envoutement : on quitte une œuvre pour en découvrir une autre, en ayant hâte de revenir à la précédente et ainsi de suite, sans pouvoir se détacher d’aucune. Sensation de penser que l’on n’a pas tout vu, que l’on n’a pas tout compris, que dans chaque œuvre, il reste tout à découvrir.
Pour cette série, Bernard à fait à nouveau appel à Annie avec laquelle il avait déjà collaboré pour des sculptures en marbre et en bois. Annie fait un travail méditatif qui lui procure un bonheur quasi mystique, elle apporte beaucoup à l’œuvre.
De son côté, Catherine inonde l’atelier d’ondes positives, et bien qu’elle n’intervienne pas dans la réalisation des œuvres, je ne suis pas du tout sûr qu’elle ne soit pour rien, dans la sérénité qu’elles dégagent.

Mais que représentent ces œuvres avec autant de netteté et de précision ? D’où provient cette impression de familier et d’inconnu ?
Bien sûr on y voit l’évocation diffuse et sublimée de l’eau sous différentes formes : nuages, pluie, vagues… Mais il y a bien d’autres choses, indéfinissables, qui probablement expliquent le pouvoir hypnotique de ces œuvres.
Que cachent-elles au-delà de l’eau ?
Serait-ce la mémoire de l’eau ? Des espaces interstitiels entre les cellules d’un corps, entre les atomes de la matière, ou entre des corps stellaires ?
Serait-ce une représentation de l’infiniment petit ou de l’infiniment grand ? Ou signifient-elles qu’il existe assurément un gouffre, entre la réalité et la perception que nous en avons ?
Serait-ce une écriture secrète, propre à exprimer ce qui ne peut être compris ?
Je quitte l’atelier après minuit, particulièrement troublé, avec le sentiment que cette série énigmatique dévoile une vérité essentielle pressentie par notre inconscient, et que l’œuvre dépasse ses créateurs ou du-moins, ce qu’ils nous en ont dit…

Louis Cambriel – Dom Art
Août 2018

 

Extrait
« ….. Le sculpteur Bernard Abtey fait partie de ces artistes intègres et rares qui traitent la matière – pierre, marbre ou bois précieux- en taille directe et lui donne vie par la seule force de sa main. Par leur fluidité et leur élégance, ses sculptures élancées, aussi épurées que les figures de Giacometti, paraissent aspirées vers le ciel. Mais elles vibrent d’une sensualité solaire, tout particulièrement ses figures féminines, dont il rend admirablement la douceur charnelle, la grâce délicate. D’autres silhouettes, plus énigmatiques, pièces récentes en bois précieux, d’une facture nouvelle, évoquent des personnages perdus en méditation, en pèlerinage. Et dans une veine futuriste, ses évocations ludiques du cosmos, esquisses architecturales d’une existence au sein d’un infini déjà conquis, composent des habitats imaginaires et des postes d’observation de l’immensité céleste ….. »

Galerie ORENDA
Constellations ou la Paix des Etoiles- 2018
54 rue de Verneuil, Paris 75007
01 49 26 90 09
art@orenda-art.com

 

 

 

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